Saint Jacques le Majeur

La réalité historique du personnage de Saint Jacques ne soulève aucun doute. Ainsi le décrit Xavier Barral i Altet (professeur d’université spécialiste du Moyen Age et auteur du livre : Compostelle ; le grand chemin) :

« L’histoire de Saint Jacques est celle d’un personnage historique, l’apôtre Jacques (frère de Jean l’Evangélisateur), qui fut l’un des intimes du Sauveur durant sa vie terrestre. Le privilège de l’épithète « majeur » lui vient de sa plus grande ancienneté parmi les appelés du Christ. Saint Jacques fut toujours présent dans les moments importants de la vie de Jésus. Il fut parmi les trois apôtres auxquels le Christ révéla sa gloire divine, mais aussi ses doutes juste avant de mourir. »

De très nombreux passages des Évangiles témoignent de sa présence auprès du Christ. Il est le premier des apôtres à endurer le martyre. On sait, à la lecture des Actes des Apôtres, (Ac 12, 1-2) qu’il a été décapité à Jérusalem sur ordre d’Hérode Agrippa, vers 41-44, lors des premières grandes persécutions contre les communautés chrétiennes.

L’évangélisation de l’Espagne

L’idée que l’évangélisation de la péninsule ibérique fut l’œuvre de l’apôtre Jacques le Majeur n’apparaît dans les textes qu’aux VIIème et VIIIème siècles, alors que ni les Actes des Apôtres ni les autres textes antiques ne mentionnent ce fait. L’affirmation de cette croyance est née avec le développement, dans le nord-ouest de la Péninsule, du royaume des Asturies, principal royaume chrétien qui résista à l’invasion musulmane (711). A cette époque, l’Espagne était occupée par les Sarazins et St Jacques fut le symbole de la reconquête chrétienne (Saint Jacques le Matamore représenté sur un cheval). En outre, la persistance tardive du « priscillianisme » (doctrine de Priscillien, jugé hérétique) dans cette partie de l’Espagne nécessitait également un « contre-feu » puissant.

Les reliques

Les reliques de St Jacques dans un tombeau à Santiago ou non ? Il vous appartient de vous forger une opinion personnelle sur ce point.

Pour ce faire, de nombreux sites et de nombreux ouvrages (voir notamment la bibliographie sur ce site) pourront alimenter votre réflexion. A titre d’exemple, vous pouvez vous rendre sur le site de la fondation David Parou à l’adresse suivante  www.saint-jacques.info . Ce site est animé par Denise Péricard-Méa, docteur en Histoire (et elle a soutenu en 1996 la seule thèse française d’histoire médiévale sur les cultes à saint Jacques au Moyen Âge).

Vous pourrez aussi lire la lettre apostolique du Pape Léon XIII de 1884 affirmant qu’il s’agit bien à Santiago des restes de St Jacques (ce qui a permis de relancer les pèlerinages dont la fréquentation était très déclinante au XIXème siècle). (Affirmation non confirmée ni par Jean Paul II ni par Benoît XVI lors de leurs visites à St Jacques). Cette lettre est disponible sur le site indiqué ci-dessus.